Review : Real Steel
Synopsis (Allociné) :
Dans un futur proche, la boxe a évolué pour devenir un sport high-tech : les humains ont été remplacés sur le ring par des robots d’acier de 900 kilos et de 2,40 m de haut. Charlie Kenton, un ancien boxeur; n’est plus à présent qu’un manager minable qui utilise des robots bas de gamme fabriqués à partir de pièces de récupération. Lorsque Charlie touche le fond, il accepte à contrecœur de faire équipe avec son fils Max, qu’il a perdu de vue depuis des années, pour construire et entraîner un champion.
À la lecture de ce synopsis, il y a deux réactions possibles. La première est de penser que nous avons là un navet en puissance, du Spielberg qui s'ennuyait et à décider après deux secondes de réflexion qu'il pouvait se faire beaucoup d'argent en mettant dans un film les quatre éléments susceptibles d'attirer du monde : Hugh Jackman et un petit bambin adorable pour les filles, et Evangeline Lully et des robots pour les hommes. Des robots qui se battent, sérieusement, aller voir Transformers, là au moins ils font la taille d'un immeuble entier. Mais bon, on pourra sans doute se faire un max en produits dérivés.
La seconde réaction serait celle de tout enfant sommeillant en vous normalement constitué : des combats de boxe entre robots ?! Vite, chérie, monte dans la voiture ! Après visionnage de ce film, je peux d'ors et déjà vous dire que c'est cette dernière que je veux vous voir tous adopter.
Le scénario a ici tout d'un classique du genre, tout d'un classique de Spielberg je dirais même. Outre la science fiction, dont je parlerai plus tard, c'est surtout la relation -parfois conflictuelle- entre un père trop souvent absent et son fils dont il est question. Pourquoi parle-je de classique ? La guerre des mondes, Jurassic Park, Indiana Jones 3. Dans chacun de ces films il est question des liens qu'entretiennent père et fils. L'histoire suit donc une trame assez logique : Charlie va "rencontrer" son fils, qu'il juge d'abord comme un poids mort, mais qui au fur et à mesure de leur aventure lui montrera à quel point il est génial et trop mignon, et va alors trouver une place dans son cœur.
De ce côté là je ne peux que saluer la prestation de Hugh Jackman. Il n'est sans doute plus vraiment nécessaire de dire que c'est un acteur talentueux, mais si personne ne le faisait, qui le saurait ? Il joue vraiment bien son rôle d'ancienne gloire devenu aujourd'hui un loser qui a du mal à tourner la page. L'histoire n'est pas grandiose, mais elle est classique et elle fonctionne à merveille, et à ce niveau là il porte son rôle de bout en bout.
Il en est de même pour son fils Max, Dakota Goyo (oui dans la catégorie Nom pourri il est en poids lourds - ah ah petite vanne sur la boxe) qui est la véritable star du film. En général, dans la vraie vie, je n'aime pas les enfants, mais au cinéma ils sont souvent attendrissants. Et Max s'en sort vraiment superbement dans ce registre : petit regard de chien battu, une énergie débordante, une bouille rafraichissante, une volonté de fer. Sa relation avec son père est assez bien rendu, on sent véritablement son admiration pour lui. Ainsi que son lien particulier avec Atom, le robot, et la compassion qui en découle comme tout deux ont été abandonnés et n'attendent qu'une chose : montrer ce dont ils sont capables. Atom aurait mérité en revanche plus de développement. C'est le seul vrai défaut du film.
Evangeline Lilly interprète également très bien son rôle, mais elle demeure un personnage secondaire. Sa relation avec Charlie et Max est sympathique, mais rien d'exceptionnel. Cependant là où l'histoire nous prend quelque peu à contrepied, c'est justement dans ce rôle passif. Avec une star comme elle, je m'attendais à plus de présence de sa part. Un orphelin et un père célibataire, une autre magnifique célibataire... Je croyais vraiment qu'elle jouerait une sorte de mère de substitution. Mais c'est là l'une des forces de ce film : Max a perdue sa mère mais c'est auprès de son père qu'il va chercher du réconfort, il n'essaye pas de se créer une famille de toutes pièces. Dans d'autres films c'est certainement ce à quoi nous aurions assister, mais pas ici. Evangeline Lilly joue son rôle, pas plus qu'il ne faut. Et c'est parfait ainsi.
Je reviens juste quelques instants sur l'actrice. Quel bonheur de la voir dans ce film ! Certes elle joue un rôle secondaire, mais important dans la vie de Charlie, et donc nous avons droit à quelques scènes bien trouvées (l'envoi du loyer par exemple). Le vrai point de ce paragraphe est le suivant : pourquoi avoir fait un film avec elle, si c'est pour la montrer si peu ? Une beauté pareille, il faut qu'elle soit un des rôles principaux ! Je suis heureux de la voir ici, mais quand même ! N'est-elle pas magnifique ? N'est-elle pas l'une des plus belles actrices actuelles au monde ?
Pour revenir à l'histoire, elle est assez classique : une ancienne gloire de la boxe qui trouve le moyen de revenir sur le devant de la scène. Tout est respecté : toucher le fond, repartir de zéro, un nouveau départ difficile, l'outsider qui monte qui monte, et enfin un combat contre le plus fort. En soi le film est très scolaire. Il suit toutes les étapes. Est-ce pour autant un défaut ? C'est une question de goût, mais je trouve que cette recette fonctionne et quand elle est réussie comme c'est le cas ici, faut-il chipoter ? Faut-il vraiment une narration déstructurée, des flashbacks en veux-tu en voilà et où l'on ne sait plus quand et quand ? Non, ici l'acheminement est classique mais parfaitement bien huilé. Qui plus est les scènes d'entre-combats sont tout aussi intéressante que les matchs en eux-mêmes, ce qui ne gâche rien.
Les matchs, parlons-en. Car c'est malgré tout l'un des points essentiels du film. Outre les relations père/fils, affronter les démons du passé, etc. nous sommes aussi ici pour voir des robots se taper dessus !! Et sur ce point là difficile d'être déçu. Le rendu des robots est vraiment parfait ; il y a des tas de petits détails qui rendent le tout réaliste, crédible : les petites iodes, les pompes hydrauliques, les batteries, les ventilateurs... Les robots ne font pas trop futuristes, ils sont plausibles pour l'époque, et ils ont la classe. Certains ont deux têtes, d'autres des tatouages d'enfer, des noms qui en jettent. La classe.
Les combats sont extrêmement bien rythmés, on ne s’ennuie pas un seul instant. Ils se tapent dessus sans arrêt, mais toujours dans la beauté du sport. Quoique moins lors des combats illégaux, mais il n'y a pas un moment où l'action devient confuse. C'est l'un des points les plus importants selon moi. Dans un film comme Transformers -premier du nom, je n'ai pas vu les autres- on comprend à peine ce qu'il se passe ; ah quelqu'un a donné un coup là, qui ça ? mais j'en sais rien, ah zut j'ai tourné la tête pour te répondre du coup je comprend encore moins ce qu'il se passe ! C'est caricaturé, un peu, mais c'était mon ressenti durant le film. Or, ici, les combats sont fluides ; je n'ai pas dit lent, les gestes sont naturels, il n'y a pas de gros plan sur le poing qui va abattre, on voit toujours ce que les deux combattants sont en train de faire, on comprend toujours l'action sans problème. Et pour un film où les luttes occupent une telle place, c'est vraiment un point à ne pas négliger.
Comme le raconte Hugh dans le film, faire s'affronter des machines permet des duels bien plus violents qu'à l'accoutumé. De ce côté là, le spectateur est servi : bras arrachés, décapitation, flaque d'huile géante quand le vaincu tombe au sol. La musique rock et techno souligne d'ailleurs très bien la puissance qui se dégage de l'écran. Ce sont des robots qui s'affrontent, on peut donc voir plus de violence que d'ordinaire sans que cela n'en devienne glauque. Les combats sont sanglants et c'est génial.
Pour conclure, je n'avais pas de grandes attentes envers ce film. J’espérais qu'il serait un bon divertissement, 2h d'action où je n'aurai pas trop à réfléchir. Ce fut le cas, mais Real Steel est aussi tellement plus. C'est une très bonne histoire, simple mais efficace ; les acteurs sont agréables à l’œil et jouent très bien, Dakota en tête ; le rythme est tout bonnement excellent, on ne s'ennuie pas à un seul instant ; il y a de l'humour, de la tendresse, de l'action. C'est un film vraiment très complet, pas si manichéen que ça, avec une fin surprenante. Sans doute pas le film de l'année, mais définitivement un film à voir si l'on veut passer un agréable moment.
Au final, Real Steel c'est :
5 points d'awesomeness
2 points Evangeline Lilly
3 points Hugh Jackman et ce gosse dont on a envie d'ébouriffer les cheveux
2 points pour un film d'action où l'on comprend l'action
2 points C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs films
1 point pour mes rêves d'enfants
Anwtane's blog approbation : 15/20
Et enfin, l'argument esthétique du film :


