Preview : The Descendants
Synopsis (Allociné ) :
À Hawaii, la vie d’une famille bascule. Parce que sa femme vient d’être hospitalisée suite à un accident de bateau, Matt King tente maladroitement de se rapprocher de ses deux filles, Scottie, une gamine de dix ans vive et précoce, et Alexandra, une adolescente rebelle de dix-sept ans. Il se demande aussi s’il doit vendre les terres familiales, les dernières plages tropicales vierges des îles, héritées de ses ancêtres hawaiiens. Quand Alexandra lui révèle que sa mère avait une liaison, le monde de Matt vacille. Avec ses deux filles, il part à la recherche de l’amant de sa femme.
Cela fait plusieurs films que je vois et que je n'ai pas posté de critiques. Petit passage à vide, la faute aux examens ? Plutôt le blues de ne pas voir plus de visites et surtout de commentaires. On finit par se demander si cela vaut la peine. Je le fais pour moi en premier lieu, personne ne m'a rien demandé, ni ne le fait aujourd'hui, personne n'a de compte à me rendre. Malgré tout, quinze petites secondes à écrire un commentaire, même un C kool mec, est-ce trop demander ? Mais passons. Je ne pouvais sciemment laisser passer le dernier Clooney sans mettre mon grain de sel.
Hawaii, comme nous l'explique Matt King (George Clooney) dès les premières minutes du film, n'est pas si idyllique que cela. Ce n'est pas un endroit magique où il y a du soleil chaque jour et des couchers de soleils à faire pâmer n'importe quel photographe en herbe. Ici nous découvrons le vrai Hawaii : le ciel gris et chargé, les immeubles, les forêts immenses, les plages superbes et isolées qui accueilleront prochainement des hôtels et des milliers de touristes. Rarement l'archipel n'avait était filmée de cette manière réaliste, c'est le maître mot. Alors que d'habitude l'île nous est présenté comme le paradis sur terre, le cadre est ici plutôt austère. Ce qui colle au ton du film.
C'est une comédie dramatique, quoiqu'un drame avec de l'humour conviendrait sans doute mieux. Que ce soit au niveau des dialogues ("I'm gonna hit you", "Speer with two e"), par rapport au jeu des acteurs (Clooney est magnifique d'autodérision et le jeune Sid...brillant) ou du ton décalé et cynique (insulter sa femme dans le coma), le film est rempli de petites touches qui viennent dédramatiser la situation pour notre plus grand plaisir. On se retrouve à rire là où d'autres auraient cherché à nous faire pleurer. Pour ça, je dis merci. Mais est-ce pour autant un film comique ? Loin de là. Tellement loin de là.
Que ce soit de la rancune envers un père drogué au travail, une mère qui a abandonnée son mariage, l'incompréhension face à des enfants qui ont grandis sous nos yeux, que l'on a laissé faire, et que l'on ne reconnaît plus... Plus que faire son deuil, il s'agit d'apprendre à s'en sortir, à rester soudé. La famille est plus forte que tout, il faut juste se donner la peine, en gros.
Les acteurs réussissent à nous faire adhérer à ce principe à merveille. Que ce soit la plus jeune des filles, une adorable chipie en devenir ; l'aînée, tout en justesse dans la multitude d'émotions que doit ressentir une adolescente dans pareille situation ; son petit-ami, véritable bouffée d'air frais à chacune de ses interventions, et enfin le père. J'ai vu sur de nombreuses affiches pour la promotion du film que George Clooney tenait là son meilleur rôle. Je n'ai pas vu Good Night and Good Luck, Syriana ou Les Marches du Pouvoir ; je ne saurai dire quel est son meilleur rôle, tout est une question d'appréciation. Il campe un excellent personnage, profond, attachant, comique malgré lui. Malgré tout, de ce que j'ai vu de lui, ce serait plutôt dans In the Air qu'il remporterait la palme. À propos de ça, mon vote ira Jean, mais bonne chance ! Tu le mérites tout autant !
Il est maintenant temps d'aborder la partie la moins drôle de toute critique (ou la plus sympa, tout dépend des personnalités, moi j'aime assez) : les défauts du film. Une chose m'a réellement dérangé, c'est le froid qui régnait dans la salle ; ainsi que le bruit d'aspirateur dans le couloir vers les dernières minutes. Oh, vous vous attendiez à des défauts sur le film en lui-même ? Bien sûr, tout de suite ! Ceci entre en totale contradiction avec ce que j'écrivais au début, mais malgré le fait que Hawaii soit filmé différemment, c'est un peu pesant au bout d'un moment. On ne voit que très rarement un bout de ciel bleu ; je comprends et salue la démarche, mais faut-il détruire à ce point le mythe ? L'ambiance est déjà lourde par moment, notamment lors des scènes à l'hôpital, y-a-t-il besoin d'en rajouter ?
Je parlais à l'instant d'hôpital ; à ce sujet, le film lève un autre tabou : avoir un accident c'est moche. Dis comme ça, ça peut paraître enfantin et pourtant cela veut tout dire. Il suffit de voir pour comprendre. Le corps inanimé de la femme et mère des personnages, le pansement sur sa gorge tâché de sang séché... On le réalise très vite, elle ne va pas soudainement serrer la main de la personne assise à ses côtés, elle ne va pas ouvrir les yeux et sortir une blague. Chaque visite à l'hôpital est plus dur que la précédente et ne fait que renforcer ce sentiment : le réalisme craint. Et la vie pue.
En conclusion, je n'aurai qu'un seul conseil : allez le voir. Avec quelqu'un si possible. Non pas car il est trop déprimant et qu'il vous faut une épaule pour pleurer, mais plutôt car si The Descendants nous apprends bien une chose, outre que Hawaii n'est pas forcément la destination idéale pour une lune de miel, c'est bien l'importance d'être avec ceux qu'on aime. 1h50 de rire et d'émotion, une place de cinéma ce n'est pas cher payé pour ça. J'y suis allé avec la plus charmante des compagn(i)e qui soit et j'ai vraiment passé un pur, agréable et délicieux moment. Oh et le film était pas mal en plus.
Au final, The Descendants c'est :
3 points George Clooney (critère injuste, je sais)
3 points pour Shailene Woodley (dont la moitié pour ses maillots de bain)
3 points de cynisme, désillusion et réalisme
4 points pour une histoire dramatique qui ne tourne pas au pathos et sait rester drôle et plaisante à regarder
Anwtane's blog approbation : 13/20
Et enfin, l'argument esthétique du film :

