"Welcome to Robin 101."

Publié le par Anwtane Criticz

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À moins d'avoir vécu dans une grotte au long de ces [insérez votre âge] dernières années, vous avez certainement des amis qui vous ont un jour raconté une anecdote croustillante sur la fac : les grèves, les profs toujours absents, les changements d'horaires soudain, les classes avec plus d'élèves inscrits que de places, entrer dans une classe sans frapper car il n'y avait aucun bruit et tomber sur une salle pleine, etc.

Ce sont souvent des clichés indécrottables à l'université. Mais comme l'ensemble des clichés, ils sont souvent quasiment toujours véridiques.

Alors qu'aujourd'hui s'achève ma première semaine à la fac, seconde première si je distingue fac de droit et fac de lettres, je suis assez fier de pouvoir affirmer avoir rencontré bon nombre de ces clichés.

 

 

Lundi.

Ah zut, je n'ai pas cours ce jour-là.

 

Mardi.

À 9h commence mon premier cours, un TD d'anglais. Thème, Version, qui ça intéresse ?, c'est de la traduction. J'arrive dans une salle quasi-pleine et trouve un bureau libre au premier rang côté fenêtre. Au bout de 10 minutes arrive un étudiant qui s'approche du bureau du prof et se met à nous parler en anglais. Ah tiens elle est marrante celle-là, il faudrait mieux que le prof le voit pas en train de se moquer de lui, me dis-je. Mais non, mon prof de thème-version-on-s-en-fiche a quasiment le même âge que moi ! Joe est donc un jeune anglais qui va nous apprendre à traduire des textes. Ça commence bien.

Il se présente et nous explique un peu en quoi consistera le cours : Blabla, moi c'est Joe, blabla, je serai au 6ème étage dans la journée donc prenez votre courage à deux mains si voulez me voir, blabla groupe facebook, blabla. Très sympa et tout, mais tandis que l’on se présente à notre tour à la fin de l'heure, je m’interroge pour savoir s'il ne se moquerait pas un de peu de nous. Random girl : -"J'aime sortir avec des amis. - Génial, et toi ?  - J'aime regarder la télé.  - Oh c'est super, et toi ?   -Je fais du rugby.   - Oh c'est cool, et toi ?...."

 

Mon cours s'achève à 10h et je profite de mon heure de creux pour me balader un peu car ça me change drôlement d'avoir plusieurs bâtiments, des arbres et des rochers, des couloirs et des escaliers partout, avec pleins d'affiches déchirés sur les murs, etc.

 

Vient ensuite mon cours de 11h, Compréhension et Expression anglaise. Alors que la salle commence à se remplir une magnifique étudiante s'approche du bureau central. Me vient alors à l'esprit que cette année s'annonce très "spéciale" si tous mes professeurs sont des étudiants à peine plus âgés que moi. C'était effectivement bien elle notre enseignante. Sherall, jolie, sympa, marrante, jolie, canadienne, personne n'est parfait. Elle nous explique le fonctionnement du cours : on regarde une vidéo, on fait un résumé, on corrige, et on recommence. Nous démarrons donc les hostilités avec une émission anglaise sur le chômage ; après le visionnage j'ai compris que ce ne serait pas une année de plaisir. À l'écran une blonde, sacré accent, qui, lorsqu'elle parle, réfléchit à ce qu'elle va dire, bafouille, recommence, le tout sans reprendre son souffle. Heureusement il s’avère que c'est la vidéo de rattrapage à l'examen finale de l'année dernière ; Sherall nous demande de ne pas trop désespérer.

 

12h30 le cours se termine. J'ai oublié où se trouver le RU, j'ai la flemme de chercher, je vais à la gargote qui vend des panini et des pâtes. Je dois attendre jusqu'à 14h30. Je ne connais personne, j'ai une heure trois quarts à tuer, j'ai déjà situé les bâtiments qui m'intéressaient. Je commence un Agatha Christie.

 

14h30, enfin, je suis devant ma salle de classe. Personne dans le couloir. La porte de la salle est fermée, pas un bruit. Je suis à l'heure pourtant, même cinq minutes en avance. Je risque un coup d'œil dans la salle. La classe est pleine. Une quarantaine d’élèves me fixent du regard. Le professeur m'interroge en allemand. Ah euh, sorry. Je sors. Je remonte au cinquième étage voir si je me suis trompé de salle : non. Je redescends, il y a des gens qui attendent. Je m’assois dans le couloir et prend un journal pour cacher mon visage. Au bout d'un moment deux filles passent et nous demandent : « vous attendez Mme Machin ? Elle est absente. »

 

14h40. Bon... j’attends depuis 12h30 et mon prochain cours ne sera qu'à 18h. Je prends le teor, descends aux Docks 76 et traîne à Virgin pendant une heure. Je regarde tout les gadgets, lis le résumé de tout les livres ayant une couverture sympa, je feuillette toutes les BDs sur les présentoirs. 15h50, je suis remonté, il me reste 2h10 et je n'ai rien à faire. Je vais dans le "parc" de l’université, je m'adosse contre un arbre à l'ombre, je reprends mon livre.

 

17h50. J'ai fini mon livre. Je me dirige vers le bâtiment D pour le cours d'informatique ; là, les histoires de décontamination à l'amiante me reviennent en mémoire. Je prie pour ne pas choper un cancer tandis que je m'amuserai à faire des tableaux pleins de couleurs sur Excel.

18h, je suis dans le couloir à attendre avec d'autres. Arrive un prof de première année, que tous semblent connaître, qui nous annonce : « vous avez cours avec M. Bidule ? Ah mais je crois qu'il fait grève aujourd'hui, attendez je vais vérifier ». Il revient, effectivement il fait grève. Les autres élèves commencent alors à lui parler de cours qui se chevauchent, il y a informatique en même temps qu'économie et comptabilité, les profs ne veulent pas changer les groupes, etc. On discute pour voir à changer l'heure d'info. - ce qui m'arrange, pas envie de finir à 20h tout les mardis soir- et nous passons en revue les emplois du temps de tout le monde, rien à faire, seulement le jeudi de 12h30 à 14h30. Bref. 19h, on finit de discuter, je reprends le teor.

 

Bilan de la journée : 2h30 de cours, présence à la fac de 9h à 19h, fin des cours à 12h30.

 

 

Mercredi.

Rien à signaler.

Cours de 9h30 à 10h30.

Retour à la maison.

Reprise de 14h à 16h30.

Tennis le soir, mais ça n'a rien à voir avec la fac, donc n'en parlons pas.

 

 

Jeudi.

11h (oui j'ai réussi à me faire un emploi du temps très sympa sur certains aspects), cours de Civilisation espagnole. Fait assez incroyable j'arrive dix minutes à l'avance, j'ai eu mon métro et le teor sans attendre. Viennent alors à ma rencontre des filles du groupe d'informatique de l'avant-veille, qui m'expliquent que l'inscription aux TDs de Linguistique et Communication est possible. Il faut aller inscrire son nom sur une feuille. Elles me conseillent d'y aller avant que le cours ne commence. Si je n'ai pas le cours que je veux, le mercredi matin, ça serait le lundi soir. Ce qui ruinerait mon week-end de trois jours et demi.

Je cours alors à l'opposé du bâtiment, grimpe cinq étages en courant, avec mes jambes fatigués après ma séance de tennis d'hier soir. Je scrute tout les tableaux, pas de feuille. Je demande au secrétariat, on me dit qu'il faut voir avec le prof, il n'y a pas de feuille ici. Je redescends cinq étages au trot, cours vers le bâtiment et m'installe dans l'amphi.

Alors c'est bon ? me demandent-elles.   -Non, *souffle* on m'a dit qu'il fallait voir auprès du *souffle* prof.   -Mais tu t'es pas inscris sur la feuille au troisième étage ? Le troisième étage. Le cinquième étage est celui "réservé" à ma licence, et comme je n'écoute que la moitié de ce qu'on me dit, je me suis planté. Satané ouïe sélective.

Après ma course haletante, à esquiver les gens dans l'escalier, à courir sans bousculer personne, à me ruer dans les couloirs sans avoir l'air d'un renoi avec la police derrière, j'étais épuisé. Bien entendu course effréné + amphithéâtre mal isolé/aéré + canicule = argh !

J'apprends également à ce moment là que le cours d'informatique du mardi, 18-20h, est bel et bien décalé à jeudi, 12h30-14h30, soit aujourd'hui, pile à mon heure de déjeuner.

 

12h30, cours d'informatique improvisé. Les élèves au courant ont apportés des sandwichs, moi je joue sur mon portable en essayant d'oublier ce repas que je n'aurai pas. Le prof arrive avec un quart d'heure de retard, il vient de rive-gauche : chouette je pourrais manger les prochaines fois. Commence alors un cours d'informatique comme je n'en ai jamais vu : il faut expliquer à certains comment ouvrir un document Excel ! Je suis sérieux. Ils finissent l'exercice 1, j'en suis au numéro 4, le dernier. En fait, tous ceux qui sortent de BTS sont au même point que moi, c'est à dire, bien au dessus des autres. Bon, ils sont sans doute plus doués que moi en langue, mais là la proportion d'écart est trop importante ! C'est tellement affligeant que j'en perds l'envie de me moquer.

 

14h30, toujours pas mangé, cours d'italien à l'opposé du campus. Nous sommes une dizaine, ce qui somme toute sera très pratique pour progresser ! L'enseignante nous explique pourquoi notre cours s'appelle Italien renforcé plutôt qu'Italien débutant : en deux semestres, nous allons faire l'équivalent de deux années. Chouette.

 

16h30, je recours au bâtiment, en m'arrêtant cette fois au troisième étage tant haït. Je trouve les feuilles, trois tableaux d'une quarantaine de ligne. Le premier groupe, lundi soir : une quinzaine d'inscrit sur la quarantaine. Le second, mercredi matin : quarante ligne complète. Le troisième : mercredi matin, autre prof, quarante ligne complète + une douzaine de noms rajoutés sous le tableau. Je re-regarde le second document, je vois à l'intérieur du tableau une ligne effacé au blanco. J'écris mon nom dessus. Est-ce que ça marchera ? Croisons les doigts !

 

17h20, je suis rentré chez moi. J'allume Des chiffres et des lettres et mange mon plateau-repas du midi.

 

 

Vendredi.

8h-11h. Que des cours d'une heure, je passe la première heure à moitié endormi, la seconde complètement abruti face aux traductions que l'on doit faire (un an sans espagnol ça laisse des marques, ou plutôt ça t'enlève beaucoup de choses), et la troisième... normal. La prof nous rappelle certaines règles de grammaires à l'aide d'exemples sur les ovnis et le FBI, je l'aime déjà.

 

 

 

Si je devais faire un bilan de cette semaine, ce serait sans doute le fait d'avoir d'ors et déjà accumulé quelques anecdotes à raconter, avoir réussi à donner vie à quelques clichés immortelles liés à l'université : une grève, un prof absent, une réunion de crise "mais on a trois cours en même temps !", des amphis surchauffés, des courses entre les bâtiments, et d'autres.

Après ces quatre jours à la fac de lettres, j'ai l'impression d'avoir plus à raconter qu'en un mois à mon ancienne université. Ça promet !

Publié dans Ma vie

Commenter cet article

AS 16/10/2011 11:58


XD !!
Mon pauvre Antoine ! T'as vraiment pas de chance !
Faut dire que cette fois tu es dans la vraie fac, la vraie de vraie, ça sera pire que l'IAE question organisation ^^ Enfin, je pense !


Diane 08/10/2011 20:33


Les joies merveilleuses de l'administration de la fac !


Daphné 07/10/2011 20:13


J'avais bien ri en voyant tes textos mais là tu m'achèves !


Yougo 03/10/2011 12:01


Excellent !
J'hésite entre compatir et te féliciter pour la qualité de cet article :)
Eh oui les clichés de la fac existent bel et bien (même si dans mon cas c'est moins grave)et tu les racontes à merveille.
Avec cette histoire de feuille et de blanco, je suppute un prochain article sur la diabolique, indicible, soviétique et suprêmement horrible "Administration de la Fac". J'espère que tu ne te
confronteras pas à cette bureaucratie digne d'un Harry Potter( hop votre nom disparait de la liste ! Hop plus de note mais bien présent à l'examen !, sinon je suis sûr que tu nous fera un article
tout aussi bien.

Courage, ça ne fait que commencer ^^