Review : La Colline aux coquelicots

Publié le par Anwtane Criticz

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Synonpsis (Allociné) :

Japon, 1963. Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu'un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer...

 

Chaque sorti d'un nouveau film Ghibli est un évènement qui fait battre le coeur de tout otaku qui se respecte. Je ne pouvais donc pas déroger à la règle et suis aller tester pour vous le petit dernier. Enfin, "tester pour vous", pour moi essentiellement, mais autant faire partager mon ressenti, c'est un peu la raison d'être de ce blog, me permettre de donner mon avis sur tout et n'importe quoi.

 

Je tiens juste à préciser que je vais parler de la Version Française du film, la VO passait en soirée et... bref.

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N'ayant pas vu le film précédent de Goro Miyasaki, la tête pensante de ce projet, je ne peux pas comparer, toujours est-il que pour un deuxième essai c'est très réussi. Les dessins sont superbes ; c'est toujours un régal de voir de la "vraie" animation à l'ancienne, uniquement composée de dessins réalisés à la main. Au risque de paraître élitiste, je suis bien plus impressionné de voir un film comme cela, où l'on voit le travail que la tâche a demandé, que je ne le suis lorsque je regarde les images de synthèse du film Tintin où l'on a filmé des acteurs en stop-motion. Quand je vois que Spielberg vient se plaindre que les Oscars refusent de considérer son film comme un film d'animation, je dis bravo au comité de direction, jurys ou toutes personnes à qui nous devons cette décision. Car si l'on se met à faire concourir des films qui ont recours à la facilité avec d'autres où les dessinateurs ont sué sang et haut, ça serait à désespérer !

 

Les dessins sont donc superbes. Que ce soit les décors de montagnes, la ville avec son animation, ou l'université en elle-même, on ne peut que rester bouche bée devant cette beauté. Ceci est d'autant plus vrai au fameux Quartier Latin au centre de l'intrigue : il fourmille de détails, de magie et de poésie. Nous n'avons qu'une seule envie : pouvoir le visiter de fond en comble. Sa découverte était vraiment pour moi le point d'orgue de La Colline. Il m'a fait réaliser à quel point ma propre université n'en était que plus minable, et pour ça, je dis bravo, car j'avais déjà une piètre opinion des locaux ! Mais c'est une autre histoire.

 

L'histoire, parlons-en. J'avoue avoir était très surpris : elle prend son temps pour se mettre en place, on voit le quotidien de Umi, le personnage central. L'intrigue se développe peu à peu, mais pour autant elle n'est jamais vraiment présente. C'est un sentiment très étrange, mais l'intrigue du sauvetage du Quartier Latin est presque une toile de fond pour la romance entre Umi et Shun. Pas de spoilers, c'est une évidence. Le développement de leur relation est plutôt bien faite, ni trop brusque ni trop lente. LE secret qui va les lier m'a fait craindre le pire pendant un instant. Je ne peux hélas pas développer ce point car je ne vois aucune manière de l'aborder sans saboter le film, je vais donc me contenter de dire qu'il y aura de l'inattendu, du très inattendu.

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Ce film semble parfait sur tout les points, pourtant il n'est pas exempt de reproche. Ainsi, bien que l'animation soit très réussi, j'ai trouvé les larmes des personnages assez peu crédibles : beaucoup trop grosses et pas assez perlantes. Tatillon dirons certain, mais ça me distrayait dans les moments censés être émouvant. Ces derniers sont également un peu trop forcés : je dois être allergique aux larmes mais je n'ai pas adhéré à ces petits moments dramatiques. En revanche, j'ai bien plus apprécié la nostalgie latente, les passages où les personnages ne pleurent pas mais où l'on sent l'émotion. Ils étaient bien plus réussi.

Je reviens quelques instants sur l'animation, mais il y a aussi quelque-chose que je ne m'explique pas. À certains moments, il se produit quelque-chose de complètement inattendu : un personnage va se mettre à sauter ou avoir le sourire aux lèvres sans raison. De même, nous voyons une scène où Shun rentre chez lui, il s'installe pour faire ses devoirs, regarde par la fenêtre, et paf nous passons à Umi qui fait la vaisselle. La scène dure trois secondes et hop écran noir, nous sommes le lendemain matin. Quel est l'intérêt de ce morceau ? On voit Umi, de dos, trois secondes. Une scène mal coupée au montage peut-être ? Je ne me l'explique pas.

 

Il existe un autre point que j'ai du mal à m'expliquer, mais c'est une critique entièrement imputable à la VF. N'ayant pas regarder le film en VO, je ne sais pas si le problème est le même, mais les personnages vont se mettre à chanter en un instant, quasiment sans transition. Il y a un vrai manque de spontanéité digne d'un High Musical. J'avais comme le sentiment qu'il y avait un quota de chansons à respecter et qu'elles ont donc étaient mises ici, comme ça.

Comme l'on voit les personnages chanter, ces morceaux ont été traduit ; mais dans ce cas, pourquoi ne pas avoir procédé comme pour le précédent Ghibli, Arrietty, le petit monde des chapardeurs ? Pourquoi ne pas avoir une BO intégralement française ? Car il y a au long du film quelques belles mélodies japonaises, sous-titrées, mais qui se mélangent assez mal avec les chansons traduites. Évidemment ceci est une critique envers la VF, et non envers le film lui-même ! Le doublage est cependant réussi, les voix correspondent bien au caractère de chaque personnage.

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Enfin, un point extrêmement important que je conservais au chaud : il n'y a ici aucun élément fantastique, propre au folklore japonnais, à l'inverse de la majorité des films de l'excellent studio Ghibli. Toutefois, ceci n'empêche pas le film d'avoir sa propre part de magie : les paysages sont magnifiques, les différents lieux possèdent tous une personnalité qui leur est propre. Il y a de la romance, de l'humour et beaucoup de nostalgie. Qui a dit qu'il fallait du fantastique pour avoir une telle poésie ?

 

Au final, La Colline aux coquellicots c'est :

3 points Ghibli (oui c'est un critère injuste) 

6 points pour une animation à l'ancienne et des paysages de toute beauté

3 points pour une poésie toujours aussi forte

2 points pour la plus belle maison étudiante au monde 

Anwtane's blog approbation :     14/20

Publié dans Critique film

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